RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU ...

Introduction à la monnaie au XXIème siècle dans les pays développés

Introduction à la monnaie au XXIème siècle dans les pays développés
Bonjour à tous et à toutes, je fais ce post dans le but de faire découvrir aux personnes intéressées le fonctionnement de la monnaie aujourd’hui. Je n’irai pas dans de trop grands détails et j’omettrai des informations. Si vous voyez des erreurs ou des inexactitudes, ou bien si vous avez des questions n’hésitez pas.
Je commencerai par donner les éléments pour comprendre le cadre dans lequel s’inscrit la monnaie, ses formes, les acteurs qui influent dessus et finalement comment s’agence le système.
1 – La macroéconomie, le PIB et l'inflation
Traditionnellement la macroéconomie d’un pays donné est pensée comme étant structurée autour de deux marchés, le marché de biens et de services et le marché monétaire, auquel on ajoute parfois le marché des changes qui permet de faire le lien avec le monde extérieur. Les biens et services, dont la taille est mesurée par le Produit Intérieur Brut – noté Y, estime la valeur des biens et services finaux produits durant une période sur le territoire du pays. Cela peut être fait en faisant la somme des estimations des dépenses en biens et services finaux de tous les acteurs de l’économie, en l’ajustant pour les importations. Les participants de ce marché sont :
Les ménages, qui consomment (C)
Les entreprises, qui investissent (I) - leur consommation de produits intermédiaires n’est pas prise en compte car ce ne sont pas des produits finaux
Le gouvernement, qui consomme (G) - gouvernement central et gouvernements régionaux/locaux
Le monde extérieur qui achète nos exportations (X) et nous vend nos importations (M)
On a la plus connue des équations macroéconomiques Y = C + I + G + (X - M)(X - M) est la balance commerciale du pays. Le schéma suivant illustre l’idée. Plus le marché de biens et de services grandit, plus il y a besoin de monnaie pour effectuer les transactions qui le forment. On parle de récession quand le PIB décroît sur une période de 6 mois ou plus.

Y = C + I + G + (X -M)
La façon la plus intuitive – mais forcément simplifiée – de justifier le besoin de faire fluctuer la quantité de monnaie en circulation est la suivante. Si le nombre de transactions s’accroît mais qu’il y a une quantité fixe de monnaie, il va commencer à en manquer pour effectuer les paiements, ce qui va d’une part accroître la valeur relative de la monnaie et d’autre part inciter ceux qui en possèdent à moins en dépenser comme sa valeur relative est en augmentation, ce qui ralentirait artificiellement la croissance du marché et le rendrait plus difficile à contrôler. Inversement, s’il y a trop de monnaie en circulation par rapport aux échanges, la monnaie perdra de la valeur relative jusqu’à ce que les participants cessent d’y faire confiance. Le gain de valeur relatif de la monnaie – baisse générale des prix – est appelé déflation et la perte relative de valeur – hausse générale des prix – est appelée inflation. Quand on parle de valeurs nominales en économie, on veut dire sans ajustement par rapport à l’inflation, puis quand on parle de valeur réelle on entend avec un ajustement à l’inflation par rapport au niveau des prix d’une époque antérieure ou ultérieure.
2 – La valeur de la monnaie
La théorie moderne pour expliquer la confiance que l’on a en la monnaie est le chartalisme. D’après elle, l’impôt est le fondement de la valeur d’une monnaie. C’est le fait que l’État collecte la monnaie en tant qu’impôt et s’en sert pour effectuer ses dépenses qui fait qu’on a confiance en elle, qu’on accepte les pièces et les billets pour la valeur inscrite sur eux.
Cela justifie en partie le système monétaire international actuel avec la libre fluctuation des monnaies (changes flottants), qui dépend principalement de l'état relatif des économies qui les utilisent. Plus l’économie centrée autour d’une monnaie se renforce par rapport aux autres (système judiciaire et monétaire indépendants, moins de corruption, plus d’infrastructures, plus de capacité de production, plus d’échanges), plus la crédibilité de cette monnaie s’accroît et donc sa valeur relative s’apprécie par rapport aux autres monnaies, ce que le taux de change mesure. Posséder une monnaie n’est plus équivalent à posséder de l’or ou de l’argent, c’est comme parier sur l’économie qui l’utilise. Il est à noter que cela est fortement lié à la notion de confiance et que la psyché des acteurs des marchés financiers compte énormément dans la question monétaire. La crédibilité des propos et la philosophie des hommes et femmes politiques (ministres, directeurs de banque centrale) est constamment jugée par les financiers dans l’évaluation d’une monnaie.
3 – Les formes de monnaie
L’argent en circulation est classé en plusieurs catégories. Je cite vite fait certains concepts que j’expliquerai plus tard, ne craignez rien si vous ne comprenez pas un terme.
B : La quantité monnaie fiduciaire émise par la banque centrale. Il s’agit des pièces et des billets de banque en circulation.
RO : Réserves obligatoires, la quantité d’argent liquide que doivent déposer les banques à la banque centrale. Les banques ont l’obligation de déposer en liquide à la banque centrale un pourcentage de l’argent déposé par leurs clients. On parle de l’argent déposé pour une durée de moins de deux ans (comptes courants, livret A, etc…). Dans la plupart des pays, ce pourcentage, qu’on appelle taux des réserves obligatoires, est d’environ 10% des dépôts bancaires, mais est depuis 2016 de 0% dans l’eurozone, pour des raisons que j’expliquerai.
M0 : Base monétaire, égale à B + RO, c’est aussi ce qui constitue la grande partie du passif (de la dette) de la banque centrale. Les billets de banque sont une sorte créance à durée indéterminée que l’on accorde à la banque centrale, un peu comme une action. En ayant confiance en la monnaie fiduciaire on entretien sa valeur.
M1 : La quantité d’argent dans les comptes courants des particuliers et des entreprises + M0
M2 : Les dépôts à terme de moins de 2 ans et les dépôts remboursables en moins de 3 mois (livret jeune, LDD, livret A etc…) + M1
M3 : Les instruments financiers monétaires sur le marché monétaire + M2. Ce sont principalement des OPVCM monétaires, c’est-à-dire des fonds qui suivent des indices monétaires comme le Libor et l’Euribor, qui achètent et revendent des créances court-terme.
M4 : Les bons du trésor et les billets de trésorerie des entreprises en bonne santé + M3. Les bons du trésor sont les créances cour-terme de l’État et les billets de trésorerie celles des entreprises. Ce sont des créances qui à la différence d’un découvert bancaire ou d’un prêt classique peuvent être vendues par les créanciers sur le marché monétaire et changer de bénéficiaire. A noter que M4 est parfois confondu avec M3 ou exclu.

M1, M2 et M3 dans l'eurozone entre 1998 et 2012
Tout cela est considéré comme de la monnaie, car il est très facile et relativement peu coûteux de passer d’une forme à l’autre. La facilité avec laquelle on peut faire cela s’appelle la « liquidité ». Quand on dit qu’un actif est liquide cela veut dire qu’on peut rapidement et avec des frais minimaux l’échanger contre de la monnaie. Un des rôles du marché monétaire est d’assurer la liquidité de ces formes de monnaie de telle sorte à ce que ses utilisateurs aient confiance en elle. Par exemple, si du jour au lendemain cela vous coûterait cher de tirer de l’argent de votre compte en banque, vous hésiteriez à y déposer votre argent à l’avenir et préféreriez tout payer et recevoir en monnaie fiduciaire, ce qui serait très problématique pour le système bancaire. Par la suite court-terme désignera une période inférieure à deux ans.
4 – La création de monnaie
Le marché monétaire a une particularité assez spéciale. C’est un marché où l’offre crée sa propre demande. Voici une explication simplifiée de la création de monnaie, sans introduire de banque centrale ou la notion d’intérêt, que nous verrons après.
Imaginons qu’on a deux entreprises, A et B qui sont chez la banque D et l’entreprise C qui est à la banque E. L’entreprise B a un compte courant chez D où elle a déposé 100. Autrement dit, la banque D doit 100 à l’entreprise B. Il y a 100 en circulation dans ce système, qui se trouvent dans le compte courant de B.

Bilans des entreprises et des banques fictives avant l'emprunt
Maintenant imaginons que l’entreprise A veuille acheter une machine qui vaut 100 à l’entreprise C mais n’a pas d’argent pour le faire. Elle va voir sa banque, D, pour lui emprunter 100. Elle achète donc sa machine à crédit à C qui s’empresse de le déposer dans son compte courant à la banque E.

Bilans des entreprises et des banques fictives près l'emprunt
Nous nous retrouvons avec 200 en circulation, 100 dans le compte courant de B et 100 dans le compte courant de C. Dès que A devra rembourser son crédit, son compte courant s’annulera avec sa dette, ce faisant détruisant les 100 de créés par sa banque.
Le secteur bancaire peut créer virtuellement une quantité infinie d’argent en accordant des crédits, tant que l’argent se retrouve dans ses coffres in fine. L’élément clef qui le restreint est le coût de la monnaie, que nous verrons. On mesure cette monnaie créée par les banques en comparant la dette des particuliers et des entreprises au PIB Elle atteint plus de 250% du PIB en France en 2017.

Dette privée (ménages + entreprises) en France
5 – Les éléments du marché monétaire
Les ménages, les entreprises et le gouvernement qui ont un surplus de monnaie et qui le placent dans une des formes de monnaie susmentionnées participent à ce marché en tant que créanciers. Ceux qui l’empruntent (découvert bancaire, chèque, billet de trésorerie…) en sont les débiteurs. On les appelle les créanciers et les débiteurs ultimes, même si parfois l’argent passe entre une dizaine de personnes entretemps. Voici un schéma qui tente de représenter les différents marchés de dette et d'actions pour pouvoir se les situer.

Marchés de dette et d'actions
Les créanciers ont 4 motivations principales pour y participer.
1) Pouvoir effectuer des transactions (il est parfois plus simple de payer avec une carte qu’en liquide)
2) Avoir un fond de sécurité facilement accessible par précaution
3) Investir leur surplus dans un produit relativement sûr (exemple : livret A)
4) Spéculer
Pour simplifier grandement les choses (et les définitions changent selon les auteurs), il y a 4 types de banques qui interviennent dans les marchés financiers.
Les banques d’investissement ne sont présentes que sur les marchés de capitaux et n’interviennent pas dans le marché monétaire. Elles font de la fusion-acquisition, fournissent de la liquidité sur les marchés de capitaux, font du courtage, et s’occupent du financement des entreprises non-financières en général.
Les banques de détail ont pour client les particuliers qui déposent leur argent chez elles et leur fournissent des moyens de paiement, des prêt court et long terme, sont des acteurs du marché monétaire. Les banques privées qui font de la gestion d’actifs sont un peu à cheval entre marché monétaire et marchés de capitaux.
Les banques commerciales s’occupent seulement du marché monétaire et ont pour clients des entreprises non-financières et d’autres banques, elles fournissent des prêts court-terme et son les principaux acteurs de la création monétaire. Ce sont elles qui font que la monnaie sous toutes ses formes soit liquide, transmettent les taux décidés par la banque centrale et sont fortement régulées par icelle pour ces raisons. Elles se prêtent de l’argent entre elles aux « taux interbancaires » dans le marché interbancaire. Dans la zone euro ce taux est mesuré (en faisant une moyenne pondérée des taux de quelques banques commerciales) par l’indice Euribor (Libor au RU pour la livre), qui fluctue étroitement autour des taux directeurs de la banque centrale. Ici est illustré le taux interbancaire à 3 mois en France.

Taux interbancaire 3 mois en France
La banque centrale a pour mandat principal de tenter de réguler la création monétaire de telle sorte à ce que l’inflation soit constante et faible chaque année. C’est elle qui imprime la monnaie fiduciaire (mais ne décide pas la quantité de monnaie fiduciaire à imprimer ou détruire, c’est uniquement fait en fonction de la demande des autres banques, ce n’est pas cette fonction qui détermine la quantité de monnaie en circulation). Elle a le pouvoir de déterminer les taux directeurs, qui déterminent l’intérêt que doivent payer ou recevoir les banques commerciales qui veulent lui emprunter ou lui prêter de l’argent. Ils sont au nombre de 3 dans l’eurozone.
Le taux de refinancement est le taux auquel empruntent les banques à la BCE pour une semaine.
Le taux de facilité marginale est le taux auquel empruntent les banques commerciales à la BCE pour une journée (c’est un peu en cas de besoin d’urgence).
le taux d’intérêt de la facilité de dépôt est le taux auquel les banques commerciales prêtent l’argent à la BCE pour une journée.
La manière dont la BCE applique le taux d’emprunt est grâce à un instrument financier particulier (appelé repo ou pension livrée en français) qui fait de la BCE une sorte prêteur à gage. Les banques commerciales déposent chez elle des bons du trésor ou des billets de trésorerie assez sûrs, la BCE leur donne une somme en-dessous de la valeur de ces titres et les oblige contractuellement à racheter ces titres le lendemain à leur valeur pleine, ce faisant prenant une commission qui agit comme un taux d’intérêt. La BCE fait cela de telle sorte à ce qu’à la fin de la journée, la plupart si ce n’est toutes les banques finissent par déposer leurs liquidités excédentaires chez elle tellement il y en a en surplus. Il y a quelques années la BCE prêtait juste assez de liquidités pour que cela subvienne aux besoins des banques, mais depuis la crise de la zone euro, il y avait des risques que les banques commerciales cessent de se prêter de l’argent entre elles. La BCE a décidé de baisser les réserves obligatoires à 0% pour débloquer l’argent coincé dans ses coffres et leur a prêté beaucoup d’argent en plus pour éviter une telle éventualité, qui sinon aurait pu causer une panique bancaire.
On parle aussi de taux négatifs, il s’agit surtout du taux de dépôt, cela veut dire que sur tout l’argent en surplus déposé tous les soirs par les banques, qui n’ont pu réussir à le prêter à d’autres banques, la BCE prend un pourcentage de cette somme (0,4%). Cela incite les banques à prêter leur surplus, comme elles perdent de l’argent en le gardant sous une forme liquide à la BCE. La BCE fait cela pour atteindre son objectif d'inflation annuel de 2% qui assure le bon fonctionnement de l'économie, mais malgré cela n'y parvient toujours pas. Il y a d’autres éléments importants à prendre en compte dans ce que fait la BCE qui sortent du cadre de ce texte comme le Quantitative Easing. Succinctement, la BCE achète certaines obligations sûres (notamment de la dette souveraine) aux banques commerciales. Ce faisant, la banque centrale fait deux choses, d'une part elle incite les banques commerciales à acheter d'autres types actifs (plus risqués) et d'une autre elle augmente leurs réserves liquides, ce qui automatiquement les incite à prêter davantage d'argent. Ici est illustré le taux de refinancement de la BCE que le taux interbancaire suit de près.

Taux directeur de la BCE
On notera que d'autres acteurs jouent dans ce marché, parmi lesquels les Hedge Funds, les Exchange Traded Funds (ETF), les OPCVM monétaires et les fonds mutuels qui ont parfois besoin de placer leurs liquidités sur le marché monétaire en attendant de les investir ailleurs/les déposer sur un compte courant, ou d'en emprunter quand elles en manquent pour financer leurs opérations quotidiennes.
6 – La courbe des taux
Le marché monétaire a pour rôle de créer ce qu’on appelle la courbe des taux sur le court-terme. Sans rentrer trop dans des éléments techniques, il s’agit des taux auxquels les banques se prêtent de l’argent sans risque pour une courte durée.
Le premier élément du taux est le taux réel pratiqué par la banque centrale, c’est-à-dire le taux directeur corrigé par l’inflation actuelle ou prévue pendant la période.
Le deuxième élément est l’inflation, actuelle ou prévue selon la durée du prêt.
Le troisième élément est la prime de liquidité, c’est-à-dire la prime que demande la banque pour transformer la monnaie qu’elle possède qui est sous une forme liquide, en une créance moins liquide, la banque fait payer par exemple le fait qu’on la prive de cette somme pendant 90 jours. En temps normal, plus la durée du prêt est longue, plus la banque demandera une prime de liquidité élevée, ce qui fait que la courbe des taux court-terme est croissante.
Le taux que vous obtenez en demandant un crédit court-terme à la banque est le taux interbancaire + le taux associé au risque de défaut de votre banque + le taux associé au risque que votre banque estime que vous fassiez défaut. Tous ces taux sont déterminés par l’offre et la demande à la fin des fins. Mais en jouant sur ces taux, la banque centrale tente d’influer sur la quantité de crédits accordés par les banques. Les banques sont là pour faire de l’argent, si les taux augmentent fortement, elles se financeront plus coûteusement, et pour maintenir leur rentabilité elles devront se cantonner à prêter cet argent seulement aux clients capables de leur rapporter plus que ce nouveau taux. Indirectement, elles transmettent les taux de la banque centrale à toute l’économie. Le débat actuel repose sur l’étendue de l’influence de la banque centrale. Les monétaristes (Milton Friedman, orthodoxes, école de Chicago) pensent que la banque centrale est toute puissante sur le marché monétaire et qu’elle seule cause l’inflation et la déflation en choisissant incorrectement ses taux directeurs. Les circuitistes (hétérodoxes post-keynésiens) pensent qu’au contraire, son rôle est assez limité dans ce domaine et que la création monétaire est à la discrétion des banques et du marché.
Quand on parle d’inversion de la courbe des taux, on entend que les taux court-terme (moins de 2 ans) sont plus rémunérateurs que les taux long-terme. Cela se produit lorsque les investisseurs perdent confiance en la viabilité long-terme des autres acteurs du marché. Les taux long-terme sont constitués à travers les taux proposés sur par des instruments financiers qu’on appelle « swaps » (que nous verrons), qui demandent à ce que deux banques commerciales se fassent confiance sur plusieurs années. Si la confiance baisse, moins de banques voudront participer aux contrats swaps, et la demande baissera. En réaction à la baisse de demande, les banques proposeront des taux plus bas pour leurs swaps sur plusieurs années, jusqu’à aller en-dessous des taux court-terme pour trouver une banque partenaire qui accepterait d’en faire un avec elle. Comme les banques commerciales ont pour débiteurs des entreprises non-financières, elles subissent directement les effets macroénomiques. Si leurs débiteurs non-financiers font faillite, par exemple en cas de récession, elles verront leurs réserves fondre et peuvent elles-mêmes faire défaut à leurs engagements. La courbe des taux est donc un indicateur parmi d’autres de la confiance des marchés financiers en la capacité des banques à tenir leurs engagements futurs.
7 – Les marchés primaires, secondaires et à terme
On va compléter un peu l’image avec une rapide typologie des marchés monétaires. En premier lieu on a le marché primaire qui est tout simplement le marché qui fait rencontrer les débiteurs avec les créanciers. Le marché secondaire a pour rôle d’assurer la liquidité, c’est-à-dire la confiance que l’on a dans les créances court-terme. Il fait cela en permettant aux créanciers de revendre certaines de leurs créances à des tiers et en ajustant le prix de ces créances par rapport au risque que le débiteur fasse défaut et aux changements du marché. Cela permet à une banque qui a besoin de liquidités de revendre ses créances rapidement et de lui éviter de devoir emprunter de l’argent à d’autres banques. Les marchés primaires sont en général en privé, par exemple l’État emprunte de l’argent dans des ventes aux enchères où elle vend des bons du trésor, les particuliers ont du découvert bancaire, signent un crédit-bail etc… cela se fait en dehors des marchés financiers la plupart du temps. Les marchés secondaires où les créances échangeables sont achetées et revendues sont organisés en marchés financiers un peu comme la bourse.
Cette partie est un peu plus difficile. En dernier on a la distinction entre les marchés « spot » et à terme. Le marché spot est le marché classique où un débiteur emprunte de l’argent et le reçoit immédiatement sur son compte. Le marché à terme est différent. Sur ce marché on s’engage dans des contrats spéciaux qui fixent quelques jours ou mois à l’avance le taux d’un emprunt que l’on fera à cette date. Au lieu de recevoir l’argent le jour même, le débiteur l’obtiendra à la date convenue au taux convenu peu importe ce qui se passe entretemps avec le taux interbancaire (sauf si le créancier fait faillite entretemps). C’est une façon de se protéger de la volatilité des marchés. Si vous êtes une banque qui veut prêter de l’argent mais qui n’aura les fonds pour le faire que dans 3 mois et que vous ne voulez pas risquer de recevoir un taux plus bas qu’aujourd’hui dans 3 mois, vous vous engagerez dans ce genre de contrat avec votre débiteur, on appelle ça un future ou un forward (il existe une différence mais on s'en fiche ici). Autre possibilité, vous êtes une banque qui veut réduire son exposition au risque, vous avez de l’argent en surplus mais vous ne voulez pas que son rendement dépende du taux interbancaire qui fluctue chaque jour. Vous pouvez vous mettre d’accord avec une autre banque pour que dans 3 mois par exemple elle vous donne un taux de rendement fixé à l’avance et qu’en retour vous lui donniez le taux interbancaire. On appelle ça un accord à taux futur, vous échangez de taux de rendement avec une autre banque. Le swap, que j'ai mentionné plus tôt, est quand vous décidez de faire plusieurs accords à taux futur avec une autre banque sur plusieurs années, tous les 3 mois par exemple vous échangez vos rendements souhaités. Cela requiert que les deux banques soient solvables sur la durée du contrat, la moyenne des taux fixes décidés entre les banques détermine la courbe des taux à long-terme et explique en quoi la confiance des investisseurs est importante dans la détermination de la courbe des taux. Cependant il s’agit d’un indicateur parmi d’autres et il ne s’agit pas d’en tirer des conclusions hâtives, il arrive que la courbe des taux s’inverse mais qu’aucune récession ne se produise.
En conclusion j'espère que ça vous a plu et si cela vous intéresse je pourra parler davantage de macroéconomie ou de finance. Je peux aborder des sujets comme l'histoire de la monnaie et de la finance, le fonctionnement du marché des changes, que je n'ai pas voulu aborder tant il est complexe, les autres marchés financiers que je n'ai pas cité ou explicité, je suis ouvert aux propositions. Je peux aussi revenir sur ce sujet et parler en détail des théories économiques qui l'entoure. Mes sources sont diverses, j'ai beaucoup dû chercher des précisions sur les sites de la BCE et de la banque de France, j'ai utilisé mes notes de cours de M2 de finance et je me suis inspiré librement de la structure de Money Markets : An Introduction de Alexandre Pierre Faure. Si vous avez des questions je suis bien évidemment disposé à y répondre dans la mesure de mes connaissances. Je suis conscient qu'il s'agit d'un post assez long et j'espère que vous m'en excuserez. Ne faites aucune décision d'investissement à partir de ce que je viens d'écrire, je ne prends pas la responsabilité pour ce que vous faites de votre argent. Je ne suis pas rémunéré pour écrire et publier cela.
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La pratique de Reddit


Introduction

  1. Ce sujet méta aborde l'usage et le fonctionnement pratique de l'outil Reddit (par opposition au statut de la Reddiquette qui est son mode d'emploi théorique). Il devrait intéresser celles et ceux qui ont un regard critique sur ce formidable outil.
  2. Après une courte présentation qui vous permettra de comparer votre usage de reddit de celui que j'en ai (et d'en tirer d'éventuels enseignements), je vous propose la liste des travers de l'outil que j'ai pu observer, et des interrogations sur leur fatalité : peut-on imaginer des améliorations qui amenuisent ces défauts sans dénaturer l'usage que nous avons de Reddit ? J'apporte enfin quelques réflexions sur le sujet.
  3. Notes :
    1. J'inclus sous le terme contribution indifféremment les posts ou les commentaires.
    2. Afin que votre évaluation ne soit pas influencée par mon historique, j'utilise un alt
    3. Votre temps de lecture approximatif est estimé à 10 minutes.

Présentation

  1. Je suis un utilisateur régulier d'un subreddit et de deux à trois autres subreddits plus ponctuellement.
  2. J'utilise Reddit principalement pour m'informer, mais aussi pour diffuser des idées, plaisanter, discuter ou débattre.
  3. Pour discuter avec des inconnus sur des sujets divers, j'utilise Reddit plutôt que les rubriques commentaires des sites sources ou des forums dédiés car Reddit est plus propice à :
    1. la conversation suivie sur de multiples sujets,
    2. la diffusion et l'évaluation de contributions,
    3. m'éviter la création d'une pléthore de comptes utilisateurs sur les sites sources ou forums dédiés.
  4. Je suis motivé par l'envie de promouvoir des idées que je juge bonnes et l'envie d'améliorer mon jugement grâce aux contributions d'autres personnes
  5. Je suis reconnaissant aux concepteurs de Reddit pour leur outil simple et gratuit, mais déçu par certaines mécaniques de Reddit qui bien que louables originellement, me semblent produire des effets regrettables à l'usage.

Observations

  1. J'observe qu'il existe dans la communauté des Redditeurs une critique de certaines pratiques propres à Reddit nuisant à la qualité des échanges.
  2. J'observe qu'il est possible de voter sur une contribution sans l'avoir lue.
  3. J'observe que le vote se fait sur l'appréciation générale d'une contribution, sans égard pour la variation en qualité qui peut exister entre les différents arguments employés par un usager au sein d'une même contribution.
  4. J'observe qu'il est impossible de facilement redonner vie à un sujet archivé et avec lui de promouvoir le temps collectif consacré aux contributions et à leur l'évaluation. Sur un sujet donné, les contributions repartent le plus souvent de zéro plutôt que de tirer parti de celles formulées ultérieurement pour les rediscuter, les actualiser et les augmenter.
  5. J'observe qu'il existe des moyens de populariser artificiellement des réponses et des sujets.
  6. J'observe qu'une contribution de qualité présenté tardivement ne tirera pas le bénéfice qu'obtient une contribution moins pertinente mais plus précoce.
  7. J'observe que le karma a pour source la qualité et le volume de contributions populaires cumulé dans le temps. Il est donc impossible de différencier ces deux informations, qui pourraient être contradictoires.

Interrogations

  1. Existe-t-il une envie collective des utilisateurs de Reddit de voir la qualité des échanges être améliorée ? Si oui, quels poids serait accordés aux solutions selon qu'elles soient techniques ou déontologiques ?
  2. Comment inciter à la lecture attentive et mesurer cette dernière (dans le cas de contenu textuel) ?
  3. La mesure du niveau de lecture par utilisateur serait-elle une statistique intéressante à connaitre publiquement ?
  4. Serait-il raisonnable de permettre un "sous-vote" par éléments d'une contribution ?
  5. Serait-il pertinent de n'autoriser le vote qu'après la lecture ?
  6. Comment aller à l'encontre de la déperdition des contributions de qualité enterrées dans les archives ?

Réflexions

  1. Je pense que l'envie d'amélioration existe. Je pense que les éventuelles améliorations se heurteront inévitablement à l'inertie du statut quo à moins que ces améliorations n'entravent pas la facilité d'utilisation et les habitudes positives. Les habitudes négatives ne sont de toute façon pas désirés officiellement, et aller à leur encontre ne devrait pas pénaliser la communauté, au contraire.
  2. Je pense qu'il est possible de mesurer automatiquement si un post est lu en proposant optionnellement à l'auteur d'une contribution de baliser par segments (checkpoints) sa contribution, il permettrait une révélation progressive du texte au lecteur, qui déclencherai l'apparition de la suite du texte en cochant un marqueur de lecture.
  3. Je pense que le lecteur devrait pouvoir répondre même s'il n'a pas lu totalement une contribution, mais que sa réponse devrait avoir un indicateur du marqueur de lecture atteint, de façon à ce que les gens qui voteront pour lui sachent si l'effort de lecture a été fait.Je pense que cette information devrait permettre de produire deux statistiques dans le profil de l'utilisateur, qui puissent être affichées publiquement avec son accord.
    1. Lecteur dilettante / assidu, selon la moyenne des marqueurs de lecture atteints lors des réponses.
    2. Lecteur express / prudent, selon la moyenne du nombre de secondes entre chaque coche divisé par le nombre de mots entre les balises (plafonné à une certaine valeur pour tenir compte d'une interruption possible).
  4. Je pense qu'il serait intéressant pour l'auteur d'un post que, grâce au balisage de sa contribution, l'occasion soit donnée à ses lecteurs de voter, positivement ou négativement (voire de façon neutre) sur la pertinence ou la qualité du segment qu'il vient de lire, ce vote faisant alors office de marqueur de lecture.
  5. Je pense qu'il devient alors possible de n'autoriser le vote final que si le lecteur a atteint le dernier marqueur de lecture. Dans un tel cas, le lecteur pourrait alors choisir que son vote soit comme d'habitude un upvote ou un downvote, ou bien qu'il soit remplacé par une nouvelle métrique plus subtile : un résultat pondéré par son appréciation au fil de la lecture, par exemple sous forme de pourcentage positif ou négatif.
  6. Je pense que la vie des posts originaux puis leur mort (archivage) condamne Reddit à ne permettre aucune progression dans les conversations. Pour un sujet donné, les nouveaux utilisateurs, les utilisateurs occasionnels, et même les utilisateurs réguliers devront passer un temps conséquent à agréger par eux même l’état des discussions dispersées dans des posts ayant des mois d'écarts. Si un post est archivé, ils seront contraint de produire un nouveau post, et de faire un résumé des précédents s'il comptent tirer parti des contributions remarquables. Ce travail n'est bien sûr jamais fait, et les conversations sont aveugles à l'histoire de leur sujet. Je pense que le problème des doublons d'articles est concomitant à ce défaut structurel.Sur ce point ma réflexion m'amène a imaginer une mécanique trop éloignée de celle de Reddit pour ne pas sombrer dans le hors sujet. Je m'en tiens donc à cette seule remarque.

Conclusion

  1. Tous les utilisateurs de Reddit n'ont pas le même rapport au fonctionnement théorique de cet outil : certains suivent la Reddiquette, scrupuleusement ou non, d'autres se chargent de veiller à son application et enfin quelques-uns ne lui accordent probablement pas la moindre considération ; mais tous, nous avons un rapport égal à son fonctionnement pratique, l'outil est conçu d'une certaine façon et nous l'utilisons avec ses capacités et ses limites, quelques soient nos intentions.
  2. Or, si changer les intentions pour les inciter à devenir les meilleures est la solution parfaite, car elle ne requiert rien d'autre que de la dialectique et du temps pour convaincre au respect du fonctionnement théorique et produit à priori un résultat idéal, c'est aussi la plus ardue ;
  3. C'est pourquoi,
    1. tirant la leçon du succès de Reddit, qui fait se côtoyer un fonctionnement théorique vertueux (qui a toujours existé sous une forme ou une autre depuis que les forums en ligne existent) à un fonctionnement pratique destiné à promouvoir par le contenu de qualité (d'une façon inédite par rapport à la forme des forums qui préexistaient avant son apparition),
    2. constatant que des deux, c'est le fonctionnement pratique qui est le plus intuitivement mis en œuvre,
    3. je suggère donc que nous faisions avancer la réflexion sur les améliorations du fonctionnement pratique qui pourraient tirer encore vers le haut la qualité de nos conversations, car certaines le méritent assurément. C'est ce qui m'a amené à vous proposer ce sujet.
  4. Je souhaite que ce sujet ait suscité votre intérêt et vous invite à donner votre avis pourvu qu'il soit formulé avec bienveillance.
  5. Merci de votre attention.
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Chine : Défendez, étendez les acquis de la Révolution de 1949! Pour une révolution politique prolétarienne pour chasser la bureaucratie stalinienne! Repoussez la campagne impérialiste pour la contre-révolution ! (Part 2) (2004)

https://archive.is/Xt8JA
L’arme principale dont dispose un Etat ouvrier nationalement isolé et relativement arriéré économiquement contre l’invasion des biens à meilleur marché, c’est le monopole d’Etat du commerce extérieur – c’est-à-dire le strict contrôle des importations et des exportations par le gouvernement (pour plus de détails, voir « La Chine secouée par des manifestations ouvrières », deuxième partie, le Bolchévik n° 161, automne 2002). Mais la réponse ultime à l’arriération économique de la Chine, et la seule voie vers une société socialiste – c’est-à-dire sans classes et égalitaire – passe par une révolution socialiste mondiale et l’intégration du pays dans une économie internationalement planifiée.
La stratégie économique des impérialistes pour la restauration capitaliste
Examinons le programme d’approfondissement des « réformes » économiques en Chine préconisé par les représentants et les porte-parole de l’impérialisme mondial, principalement américain. Ce programme a été résumé dans un rapport sur la Chine rédigé il y a quelques années par la Banque mondiale, dont le siège est à Washington : « La recommandation la plus importante est un changement dans le rôle du gouvernement, qui doit cesser d’être un contrôleur et un producteur pour devenir l’architecte d’un type de système plus auto-régulé et auto-ajusté. »
En tête de liste figure la « recommandation » que les banques étatisées coupent les crédits aux entreprises d’Etat déficitaires et imposent des taux d’intérêt plus élevés et des conditions de remboursement plus drastiques aux entreprises qui font des profits. Une telle politique d’« argent cher », si elle était adoptée par les banques chinoises, jetterait des millions d’ouvriers supplémentaires sur le pavé. Et elle démantèlerait de façon permanente une grande partie de l’industrie moderne des biens d’équipement en Chine, à forte concentration de capital (comme les machines-outils, les biens d’équipement électriques lourds, les machines agricoles, celles destinées à l’industrie du bâtiment).
A un niveau plus fondamental, les capitalistes occidentaux et japonais veulent remplacer les banques étatisées de Chine par leurs banques à eux. L’ouverture du système financier chinois aux banques étrangères conduirait à des sorties massives de fonds, car les banques chinoises ne peuvent pas offrir les taux d’intérêt élevés qu’on peut obtenir sur les marchés financiers internationaux. Une large part du surplus économique dégagé en Chine serait recanalisée vers les banques de Wall Street, de la City de Londres, de Francfort et de Tokyo. Cet argent serait ensuite utilisé pour acheter des actions et des obligations émises par les sociétés et aussi les gouvernements dans les Etats impérialistes américain, européens et japonais. L’épargne des ouvriers et des travailleurs ruraux chinois contribuerait littéralement à payer les missiles du Pentagone braqués contre la Chine ! Et de fait, la bureaucratie traître de Pékin – et c’est un véritable crime contre le peuple chinois – achète aujourd’hui avec ses énormes réserves de devises des bons du trésor américains, et promet d’en acheter davantage.
Ces dernières années, les officines du capital financier international, comme le Fonds monétaire international, « conseillent » au gouvernement chinois de réduire son déficit budgétaire en réduisant notamment ses investissements dans les infrastructures. Aller dans le sens de ce genre d’austérité fiscale détruirait le gagne-pain de beaucoup parmi les plus pauvres et les plus défavorisés des travailleurs chinois. Le secteur du bâtiment, à Shanghaï, Pékin et ailleurs, emploie principalement des migrants venus de la campagne. Les grands projets intérieurs (construction de canaux, pose de voies ferrées) emploient des paysans et des villageois pauvres. De plus, réduire ce genre de projets aurait pour effet de retarder et inverser le développement économique de la Chine. L’extension du réseau de chemins de fer, par exemple, est absolument essentielle pour relier économiquement les provinces côtières les plus riches et les régions économiquement plus arriérées de la Chine centrale et occidentale.
Ces derniers mois, la principale revendication économique adressée par les cercles dirigeants américains, européens et japonais au gouvernement chinois a été la réévaluation du yuan. Augmenter les prix des produits manufacturés chinois sur les marchés mondiaux réduirait fortement la valeur et le volume des exportations chinoises. Beaucoup d’entreprises privées et étatisées seraient contraintes de licencier des ouvriers, de réduire la production, et dans certains cas feraient faillite.
Derrière la pression actuellement exercée par les bourgeoisies américaine, européennes et japonaise se profile une attaque plus fondamentale contre le système financier étatisé chinois. Les impérialistes veulent forcer le régime de Pékin à rendre le yuan totalement convertible, afin d’ouvrir sans restriction la Chine à la pénétration financière des banques de Wall Street, de Francfort et de Tokyo.
Les privatisations : apparence et réalité
Au cours des deux dernières décennies, une part importante de l’industrie d’Etat – qu’on la mesure par le nombre d’entreprises, la main-d’œuvre employée ou le volume de la production – a été privatisée. La plupart des petites entreprises ont été simplement vendues à des individus, en règle générale aux cadres qui les géraient. Mais les entreprises de plus grande taille ont été « privatisées » à travers un système d’actionnariat. Quand la Chine a ouvert sa première Bourse il y a une dizaine d’années, la plupart des médias occidentaux ont applaudi cet événement comme une preuve incontestable que la Chine « communiste » avait accompli un pas décisif sur la voie du capitalisme. Mais que s’était-il réellement passé ?
Parmi les 1 240 sociétés cotées dans les deux principales Bourses chinoises le gouvernement détient la majorité des actions pour certaines d’entre elles et une part minoritaire mais substantielle pour d’autres. Mais même dans ce dernier cas, elles restent de fait contrôlées par le gouvernement, parce que le PCC a conservé un monopole du pouvoir politique. Il n’y a pas de démocratie ouvrière en Chine – mais pas davantage de démocratie des actionnaires. Un actionnaire d’une société donnée qui serait mécontent et suffisamment téméraire pour organiser une révolte afin de chasser la direction en place, généralement cadre du PCC avec de bonnes relations politiques, se retrouverait très rapidement dans un endroit extrêmement déplaisant.
Les actionnaires des sociétés chinoises n’ont pas de droits de propriété au sens capitaliste et occidental du terme. Ils ont le droit aux revenus procurés par leurs actifs financiers, et ils peuvent vendre leurs actions en réalisant, s’ils sont suffisamment malins ou chanceux, un profit net par rapport au prix d’achat. Mais ils ne peuvent pas déterminer ni même influencer la politique ou la gestion de l’entreprise. Celles-ci sont déterminées par des pressions politiques et économiques diverses et souvent conflictuelles.
Un exemple clair est fourni par Golden Summit, une entreprise de cimenterie de Leshan, dans la province du Sichuan, dans l’extrême ouest du pays. Fondée à la fin des années 1980, Golden Summit a été introduite en Bourse de Shanghaï au début des années 1990. Elle se révéla une affaire tout à fait rentable. En 1997, le directeur de l’entreprise, Gu Song, occupait également le poste de secrétaire-adjoint du PCC de Leshan (une situation assez courante). A ce double titre, il organisa la prise de contrôle par Golden Summit de l’aciérie Dadu River Steel, une entreprise d’Etat de la ville qui, toutefois, perdait de l’argent. De toute évidence, cette acquisition n’avait, économiquement parlant, aucun intérêt. Pourquoi donc avait-elle été réalisée ? Parce que les ouvriers de la Dadu River Steel avaient organisé de violentes manifestations contre le non-paiement de leurs salaires. La direction locale du PCC avait donc utilisé l’abondante trésorerie de Golden Summit pour apaiser l’agitation ouvrière dans son district. Ainsi, une décision de gestion affectant la situation financière de la société avait été prise sur des bases politiques, et non économiques.
Un livre récent publié par deux économistes australiens sur la structure financière chinoise décrit le vrai caractère des sociétés par actions :
« Le problème clé dans le cas des Bourses chinoises est que la forte concentration de la propriété reflète en réalité le maintien du poids dominant de la propriété d’Etat dans beaucoup de sociétés cotées […]. Ainsi, un marché pour le contrôle des sociétés est non-existant pour l’écrasante majorité des sociétés cotées, et on peut en conclure que les dirigeants ne sont confrontés, en cas de décision malencontreuse, qu’à une menace limitée de sanction venant soit de l’“intérieur” ou de l’“extérieur”. Il convient aussi de noter que l’influence de l’Etat va plus loin que sa position dominante en terme de propriété. »
– James Laurenceson et Joseph C.H. Chai, Financial Reform and Economic Development in China (2003)
Les auteurs citent ensuite une étude qui montre que « la représentation de l’Etat dans les conseils d’administration de beaucoup de sociétés cotées dépasse de loin ce qui pourrait être justifié même si on tient compte de la part considérable des actions qu’il détient ».
En outre, les marchés chinois des actions et aussi des obligations ne représentent qu’une faible part de la masse totale des actifs financiers, qui restent essentiellement concentrés dans les banques d’Etat. Les sociétés par actions dépendent ainsi des prêts bancaires pour la plus grande part de leur financement externe. Pour résumer, les sociétés cotées dans les deux principales Bourses ont typiquement les mêmes structures de direction et de financement qu’à l’époque où elles étaient entièrement propriété de l’Etat.
On pourrait raisonnablement poser la question : c’est peut-être vrai aujourd’hui, mais cela le sera-t-il encore demain ? La réponse à cette question sera déterminée par une confrontation politique, et non pas par un changement de telle ou telle réglementation régissant la Bourse chinoise.
L’été dernier, les investisseurs étrangers ont été autorisés pour la première fois à acheter (dans des limites strictement définies) la principale catégorie d’actions (libellées en yuans) des Bourses chinoises. Un seul investisseur étranger ne peut posséder plus de 10 % du capital d’une société au prix du marché, et tous les investisseurs étrangers ensemble plus de 20 %. La première société financière à profiter de cette occasion a été la grande banque d’investissements suisse UBS qui a acheté, entre autres, des actions de Bao­shan Iron and Steel, le plus grand sidérurgiste chinois.
Que se passerait-il si UBS et d’autres banques occidentales étaient déçues du retour sur investissements à Baoshan ? Il est probable qu’elles vendraient simplement leurs actions, peut-être à perte. Mais imaginons qu’au lieu de cela, un groupe de banques occidentales soudoie des responsables économiques chinois pour obtenir le limogeage de la direction en place à Baoshan et son remplacement par une nouvelle direction ayant leur faveur. Une telle tentative de financiers occidentaux pour prendre le contrôle de fait du plus grand producteur d’acier chinois serait un défi direct à l’autorité politique du régime du PCC. Pour préserver son autorité, le gouvernement chinois serait obligé de poursuivre les corrompus en question et de prendre des mesures quelque peu punitives contre les banques étrangères. Sinon, beaucoup de dirigeants d’entreprises et de banques d’Etat deviendraient les agents stipendiés des financiers et des industriels impérialistes, le gouvernement commencerait à perdre sa capacité à mener sa propre politique économique, et le PCC commencerait à se désintégrer dans une orgie de fractionalisme, comme le Parti communiste soviétique à l’époque de Gorbatchev (1985-1991).
Mais la désintégration fractionnelle de la bureaucratie stalinienne chinoise ouvrirait aussi la situation politique à l’intervention de forces sociales d’en bas, centralement la classe ouvrière. On verrait probablement la formation de syndicats et de comités d’usine indépendants, de groupes et de partis de gauche. En fin de compte, les capitalistes occidentaux, japonais et chinois de l’extérieur pourraient voir leur tête de pont actuelle en République populaire de Chine détruite par une révolution politique prolétarienne.
Le principal changement structurel qui s’est produit dans l’économie chinoise au cours des deux dernières décennies est la manière dont les entreprises d’Etat sont financées. Sous l’ancien système de planification centralisée, les entreprises dont, pour une raison ou pour une autre, les coûts excédaient les revenus normaux recevaient des allocations non remboursables de leur ministère de tutelle. De même, des allocations non remboursables étaient utilisées pour financer l’expansion de la production des entreprises par la rénovation de l’outillage, la construction de nouveaux départements, etc.
Quand le « socialisme de marché » a été introduit au début des années 1980, les entreprises étaient censées devenir des entités financièrement autonomes maximisant les profits. Le financement externe devait provenir de prêts des banques commerciales d’Etat, prêts qui étaient censés être remboursés avec intérêts. Nous ne savons pas si Deng et les autres architectes originels du programme de « réformes » espéraient réellement que le système fonctionnerait conformément à la nouvelle doctrine économique et aux directives politiques correspondantes. Comme c’était prévisible, le système n’a pas fonctionné. Si toutes les entreprises qui n’ont pas remboursé leurs prêts bancaires et qui ne pouvaient pas les rembourser avaient été fermées, la Chine serait devenue depuis longtemps une zone de catastrophe économique. Mais on n’a pas permis qu’il en soit ainsi. Au contraire, d’une manière totalement non planifiée, inadéquate et erratique, les prêts bancaires « non performants » se sont substitués au financement gouvernemental direct.
Les prêts bancaires aux entreprises déficitaires comme aux entreprises rentables sont refinancés de façon routinière, ou même augmentés, sans aucun espoir réaliste de remboursement. En conséquence de quoi toutes les grandes banques chinoises sont techniquement « insolvables », avec des « prêts non performants » qui l’emportent sur les actifs générateurs de revenus. Cette situation perdure depuis de nombreuses années, car le gouvernement finance les banques qui, à leur tour, financent les entreprises.
C’est ainsi qu’en 1998-1999 la banque centrale a donné 200 milliards de dollars aux principales banques commerciales en échange d’un montant équivalent en « prêts non performants ». Ces dettes d’entreprises ont ensuite été transférées à des « Compagnies de gestion d’actifs » (CGA) contrôlées par l’Etat, qui étaient censées en récupérer une partie et/ou vendre les entreprises défaillantes à des acheteurs privés. Depuis cette date, les CGA n’ont pas fait grand-chose dans l’une ou l’autre direction.
La relative stabilité du système financier chinois repose sur deux facteurs principaux. Premièrement, tout le monde sait que le gouvernement est derrière les banques. Deuxièmement, les banques privées, notamment occidentales, ne sont pas (encore) autorisées à leur faire concurrence. Un rapport publié en 2002 par Moody’s, la grande agence de notation financière américaine, concluait que « bien que le système bancaire chinois soit, techniquement parlant, insolvable, les niveaux élevés de liquidités jouent le rôle d’amortisseur contre les tensions. Le niveau élevé des dépôts reflète en outre la confiance du public dans les banques d’Etat. »
Les porte-parole bien informés de l’impérialisme occidental admettent que la privatisation, et plus particulièrement l’internationalisation du système financier, est une étape nécessaire pour briser le pouvoir économique du régime du Parti communiste chinois (PCC). Début 2003, l’Economist de Londres (8 mars) – un organe semi-officiel des banquiers britanniques et américains – écrivait :
« Toutes les banques chinoises sont, directement ou indirectement, contrôlées par l’Etat, et le gouvernement, local ou central, interfère tant dans les nominations des cadres dirigeants que dans les prêts. Il n’existe par conséquent pas de banque chinoise qui soit méritocratique et fonctionne selon les règles du marché. Dépourvus d’instruments de contrôle, les investisseurs étrangers auront du mal à en créer une.
« Les Chinois, par contre, n’ont aucune intention d’abandonner ce contrôle. »
Comme les lamentations de l’Economist l’indiquent, les banques étrangères ont jusqu’ici été reléguées aux marges du système financier chinois, principalement dans le secteur du commerce extérieur. Il va sans dire que le capital financier international s’évertue à repousser ces limites. Par exemple début 2003, Citibank, la banque géante de Wall Street, a été autorisée à acquérir 5 % de la neuvième banque commerciale chinoise. Une opération conjointe portant sur des cartes de crédit a ensuite été mise sur pied, destinée à la nouvelle élite chinoise fortunée – entrepreneurs capitalistes, hauts responsables du parti et du gouvernement, couches petites-bourgeoises aisées (ingénieurs, universitaires). Pour la Citibank, c’est juste l’amorce d’une campagne pour pénétrer toujours plus profondément le système financier chinois. « La Chine est une des dernières grandes frontières de la finance », proclame Richard Stanley, le responsable de la filiale de la Citibank à Hongkong (Wall Street Journal, 15 septembre 2003).
Jiang Zemin et ses acolytes reconnaissent que l’ouverture du système financier chinois aux banques étrangères aurait probablement des conséquences économiques désastreuses, notamment en ôtant au gouvernement la capacité de financer ses propres dépenses. C’est pourquoi l’accord aux termes duquel la Chine a adhéré il y a deux ans à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) repoussait la « libéralisation » du secteur financier à 2006. C’est seulement à cette date que la Chine est censée autoriser les banques étrangères à concurrencer les banques d’Etat sur un pied d’égalité. Mais ce qui va réellement se passer d’ici trois ans ne sera pas automatiquement déterminé par le calendrier prévu dans l’accord de l’OMC. Ce sera déterminé par le conflit social en Chine même et entre la Chine et les forces de l’impérialisme capitaliste. Ces derniers mois, les conflits économiques entre l’impérialisme, notamment américain, et l’Etat ouvrier bureaucratiquement déformé chinois ont éclaté au grand jour.
La bataille autour du yuan
La devise chinoise, le yuan, n’est pas convertible sur ce que les économistes bourgeois appellent la compensation internationale des transferts de capitaux. Les entrepreneurs capitalistes en Chine, ainsi que les directeurs des entreprises d’Etat, ne peuvent acquérir des devises étrangères en échange de yuans (après accord préalable de la banque centrale) que pour payer des importations ou pour d’autres dépenses liées au commerce. Les devises étrangères acquises par les habitants de la Chine continentale doivent être transférées à la banque centrale en échange de yuans.
Ces dernières années, il y a eu un accroissement prévisible du volume des mouvements de capitaux illégaux entrant ou sortant de Chine, principalement via des financiers de Hongkong. Il n’existe pas d’estimation fiable de l’ampleur de ces mouvements monétaires illégaux, mais ils n’ont pas encore atteint le point où ils affecteraient gravement l’économie chinoise ou la politique économique du régime.
Depuis environ dix ans, la Chine maintient une parité fixe entre le yuan et le dollar. Comme le dollar s’est déprécié en 2003 contre l’euro, le yen japonais et la plupart des autres devises, le prix des produits manufacturés exportés par la Chine a considérablement baissé sur le marché mondial. La plupart des experts estiment que si le yuan était librement échangé, il se revaloriserait de 20 à 40 % par rapport au dollar.
Certaines grandes sociétés capitalistes américaines (ainsi que des sociétés européennes et japonaises) profitent aussi de la sous-évaluation actuelle du yuan. Plus de la moitié des exportations chinoises de produits manufacturés sont produites dans des usines détenues par des étrangers, ou dans des joint-ventures. Dell computer et Motorola sont parmi les dix premières sociétés exportatrices de Chine. De l’autre côté du Pacifique, Wal-Mart, la chaîne de supermarchés géante, absorbe 10 % des marchandises chinoises exportées aux Etats-Unis.
Cependant, la majorité des capitalistes manufacturiers américains estiment (non sans motifs) qu’ils pâtissent des pratiques commerciales « déloyales » de la Chine. Au printemps 2003, Franklin Vargo, le vice-président de l’Association nationale des manufacturiers, déclarait devant une commission de la chambre des représentants : « Nous devons faire pression sur la Chine pour qu’elle mette fin à la manipulation de sa devise et permette que le taux de change yuan-dollar soit déterminé par le marché » (Business Week, 7 juillet 2003). Un bloc de sénateurs et de représentants principalement démocrates, avec quelques républicains, veut introduire une loi qui imposerait des droits de douane supplémentaires sur les importations chinoises, afin de « neutraliser » la sous-évaluation du yuan. En outre, tous les gros calibres du capital financier international – les responsables des banques centrales américaine et européenne, les directeurs du Fonds monétaire international – font fortement pression sur le régime de Pékin pour qu’il réévalue sa devise.
Mais sur cette question, la direction chinoise n’a pas cédé de terrain. En novembre dernier, le président chinois Hu Jintao déclarait : « Maintenir la stabilité du taux de change du renminbi contribue aux performances économiques de la Chine, et est conforme aux nécessités du développement économique dans toute la région Asie-Pacifique et dans le monde entier. »
En guise de concession aux impérialistes, Hu a promis de mettre en place une commission pour « étudier » la possibilité, dans l’avenir, d’instaurer une convertibilité de la devise chinoise. Quand dans l’avenir ? Le Far Eastern Economic Review (29 mai 2003), un journal bien informé basé à Hongkong, écrit à cet égard : « Le renminbi n’est pas librement convertible sur le compte capitaux, et la plupart des analystes ne s’attendent pas à un changement d’ici quelques années. Ce qu’on craint, c’est qu’une ouverture trop précoce du compte capitaux du pays conduise à des sorties massives, à cause d’un manque de confiance dans le système bancaire. »
Mais même si les décideurs politiques à Pékin prévoient de maintenir le taux de change et les arrangements monétaires internationaux actuels pendant quelques années, ils ne réussiront peut-être pas à le faire. L’enclave capitaliste de Hongkong constitue une brèche toujours plus large par laquelle les transactions monétaires illégales s’effectuent, dans les deux sens. L’expropriation des financiers et autres secteurs de la bourgeoisie de Hongkong est une nécessité vitale pour protéger l’économie chinoise de l’offensive destructrice des banques de Wall Street, Francfort et Tokyo.
La question agraire au premier plan, encore une fois
Les discussions sur l’économie chinoise et sa soi-disant « transition vers le capitalisme » dans les médias et les milieux universitaires bourgeois se focalisent habituellement sur l’industrie et la finance. Cependant, 700 millions des 1,3 milliard de Chinois sont toujours employés dans l’agriculture. La principale force motrice de la Révolution de 1949 avait été un soulèvement paysan massif contre la classe des propriétaires fonciers, dont beaucoup ont connu le sort qu’ils méritaient des mains de ceux qu’ils exploitaient et opprimaient cruellement. Toute l’agriculture avait été nationalisée.
Une des premières « réformes » économiques du régime de Deng fut la décollectivisation de l’agriculture, cédant aux familles paysannes leurs petits lopins de terre sur la base de baux à long terme. Cependant, la terre n’a pas été reprivatisée, et des restrictions ont été imposées aux transferts de baux. Même dans ces conditions, la concurrence entre petits propriétaires paysans a nécessairement débouché sur une différenciation économique toujours croissante dans les villages. Cela a produit une classe de riches fermiers qui a réussi, par des arrangements semi-légaux ou illégaux, à exploiter le travail de leurs voisins plus pauvres. Néanmoins, la structure de base de l’économie agraire chinoise est fondamentalement et manifestement différente de celle de l’Inde, par exemple, où plus d’une centaine de millions d’ouvriers agricoles sans terre s’échinent sur les grands domaines des riches propriétaires fonciers.
Cependant, la structure actuelle de l’économie agraire chinoise ne pourra pas être préservée longtemps, étant donné l’adhésion du pays à l’OMC. Les entreprises industrielles d’Etat peuvent, jusqu’à un certain point, être isolées de la concurrence accrue des importations par un accroissement du financement de l’Etat, via les banques. Mais les petits propriétaires paysans chinois ne peuvent en aucune manière concurrencer l’agrobusiness à forte concentration de capital et scientifiquement organisé des Etats-Unis et des autres grands pays exportateurs de produits alimentaires. Le régime de Pékin a, certes, réduit comme prévu les droits de douane et les quotas sur les produits agricoles, mais il a aussi eu recours à des dispositifs protectionnistes ad hoc. En 2002, de nouvelles « réglementations sanitaires » ont été appliquées aux importations de céréales génétiquement modifiées. L’année dernière, des cargaisons de soja originaire des Etats-Unis, du Brésil et d’Argentine ont été bloquées au motif qu’elles étaient « contaminées » par un champignon (qui est pourtant aussi fréquemment présent sur le soja cultivé en Chine).
Toutefois, la ligne fondamentale de la politique agraire du régime est de ne pas protéger la multitude des petits propriétaires paysans. Au contraire, elle consiste à promouvoir de grandes fermes, de facto privées. C’est ainsi qu’un plénum du comité central du PCC qui s’est tenu en octobre 2003 a adopté une résolution réduisant encore plus les restrictions sur le transfert des terres agricoles. Un journaliste américain qui couvrait cette réunion rapporte que « la Chine s’inquiète de la concurrence des produits alimentaires étrangers au sein de l’Organisation mondiale du commerce, et l’émergence de grandes fermes augmenterait l’efficacité agricole, déclare un agronome » (Washington Post, 15 octobre 2003).
Cependant, les résolutions et les intentions de la direction du PCC dans ce domaine, comme dans les autres, ne seront pas automatiquement et nécessairement traduites dans la réalité économique. La Révolution de 1949 reste une mémoire vivante dans les campagnes chinoises. Les paysans pauvres savent que leurs grands-parents ont appliqué une justice plébéienne rustique aux propriétaires fonciers brutaux et aux usuriers rapaces. Les aspirants-propriétaires fonciers de la Chine d’aujourd’hui pourraient bien connaître un sort similaire. En fait, au cours de la dernière décennie la Chine a connu de nombreuses manifestations et émeutes de grande ampleur, notamment contre les hausses d’impôts et la corruption.
Pourtant, la Chine doit effectivement passer des petites propriétés paysannes aux grandes fermes mécanisées. La question, c’est comment elle va le faire. Un gouvernement basé sur des conseils ouvriers et paysans ne se contenterait pas d’interdire ou de restreindre l’utilisation de main-d’œuvre salariée et la location de terres supplémentaires par les fermiers riches ; il encouragerait la recollectivisation de l’agriculture. Cela ne veut pas dire un retour aux communes agricoles de l’époque de Mao, qui étaient fondamentalement des agrégats de lopins paysans arriérés. Pour que la masse des paysans chinois abandonnent leurs lopins de terre en faveur de fermes collectives, ils devront être convaincus que cela se traduira par un niveau de vie plus élevé pour eux et leurs familles. C’est pourquoi un gouvernement basé sur des conseils ouvriers et paysans proposerait une réduction des impôts et offrirait des crédits bon marché aux paysans qui rejoindront les fermes collectives. (cont.)
http://www.icl-fi.org/francais/oldsite/Chine-168.htm
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